Pompier de profession depuis 6 ans, Je reviens d'un voyage au Chili où j'ai exercé comme "Bombero de Santiago," durant une année.

Voici mes RETEX ou retours d'expériences...

vendredi 28 août 2009

COMPORTEMENT DU BINOME D’ATTAQUE (ouvert à la critique construite et soutenue)



COMPORTEMENT DU BINOME D’ATTAQUE




SOMMAIRE


1 ___ Introduction
2 ___ Développement
3 ___ Différentes conduites à tenir
4 ___ Conclusion




1 - INTRODUCTION :





Depuis les trop nombreux accidents mortels survenus sur feu en Suède, Belgique, France, Angleterre, au Canada ou encore aux Etats-Unis, de nombreuses conduites à tenir ont été mises en place afin d’assurer une protection maximal des personnels, notamment dans le cadre d’engagements dans les contenants. Nous avons appris à observer et à relativiser nos actions face à un sinistre.


Cependant d’après nombre de personnels à la BSPP comprenant formateurs, référents et sapeurs en unités d’incendies, trop de précaution peuvent casser le rythme d’une intervention. Les mesures de sécurité doivent être créées pour nous sécuriser sans retarder l’intervention des secours. Aussi à nous de vérifier d’une manière pragmatique que les mesures de sécurité ne viennent pas amoindrir la qualité d’intervention des secours.


Voici un exposé sur le comportement d’un binôme d’attaque, face au feu de contenant, ouvert à la controverse partant du postulat ou l’équipe qui « rentre » doit être efficace, rapide et sécurisée.



Ces écrits se bases sur la vision de plusieurs individus comme, Paul Grimwood, des personnels de la BSPP (« formateurs caissons et maison du feu », chefs de garde, portes lance) ou encore divers publications trouvées sur internet (notamment sur flashover.fr).




2 - DEVELOPPEMENT




Chacune des parties de ce développement sont liées entre elles (ex : Dans les conduites à tenir, l’information du sauvetage est reporté automatiquement au développement sur le sauvetage.). C’est pourquoi relire régulièrement ces écrits permet de ne pas oublier la synergie que représente l’ensemble de ces règles…


PRESENCE DE LA PORTE :



Un sujet qui est peu souvent abordé dans le cadre d’amélioration de technique ou de publications est celui de la présence ou non de la porte sur intervention. Sur combien de feux pouvons nous noter la présence d’une ou plusieurs porte avant de rentrer dans le sinistre ? L’erreur à ne pas faire est d’inculquer au personnel une technique (comme celui du passage de la porte) et de ne pas former celui-ci à s’adapter à la situation notamment à la présence ou non d’éléments pouvant être utilisés sur intervention.


La porte est l’allié du binôme d’attaque face à un sinistre. Elle peut être utilisée comme écran face à des flammes, comme « soupape » de refroidissement face à une atmosphère très chaude, ou encore comme un élément permettant ou non une ventilation.


Durant le cheminement une ou plusieurs portes peuvent être rencontrées, il faudra alors répéter la manœuvre du passage de celle-ci.


L’absence de porte n’enlève pas les précautions à prendre avant de rentrer dans un contenant abritant un sinistre. Un foyer ne se trouve pas toujours derrière une porte…


Au préalable il est nécessaire d’observer avant d’ouvrir. L’observation se fait en plusieurs points pouvant être rassemblés simultanément : la qualité des fumées, la présence de cloques sur la peinture, la présence de courant électrique sur la poignée (tester au moyen du dos de la main), présence de bruits sourds, etc.


La porte s’ouvrira dans tous les cas avec précaution et douceur par le servant qui se placera au mieux et dans la mesure du possible en dehors de l’axe de l’ouvrant de manière à ce que le porte-lance puisse observer progressivement les fumées puis regarder succinctement à l’intérieur du local la lance « en eau » à la main et tout cela à genoux prêt du sol. La porte ne sera jamais refermée complètement. En passant la tête à l’intérieur le porte-lance peut estimer plusieurs points très important : la présence d’un sauvetage avéré, la qualité du plafond du fumées, la chaleur du contenant, le cheminement, les signes annonciateurs de phénomènes ou/et d’accidents thermiques ou encore la présence d’objet dangereux.


Une porte sera toujours utilisée comme écran (ouvertures / fermetures partielles) lors d’un refroidissement ou d’une extinction.


SIGNES ANNONCIATEURS D’ACCIDENTS THERMIQUES OU D’ATMOSPHERE DANGEREUSE :



La décision du porte-lance face au sinistre se fera suite à sa « lecture du feu ».



Les signes annonciateurs de BackDraft sont les suivant :



- Fumées riches ou jaunâtres
- Tourbillons ou rouleaux de fumées sortant par un orifice
- Porte très chaude, vibrante
- Va et vient de fumées par les interstices de la porte
- Bruit intérieur sourd
- Vitres noires
- Légère lueur intérieur


Les signes annonciateurs d’atmosphère dangereuse ou de Flash-over sont les suivant :



- Porte chaude ou/et cloquée
- Notion de fort potentiel calorifique du contenant
- Plafond de fumées bas
- Gaz de Pyrolyses blancs émanant des matériaux environnant
- Sensation de forte chaleur
- Eléments environnant qui fondent



Bien d’autres accidents et signes existent mais déjà après avoir observé l’environnement thermique muni de ces points clés, le binôme engagé peut contrôler une majeure partie des risques de changement ou d’évolution brutale de la situation. En premier lieu connaître et savoir repérer ces signes sur intervention (ou sur manœuvre d’entrainement) est une base importante. « Une base légère » de connaissances permet aussi bien d’observer, de réfléchir et d’intervenir rapidement.


COMPORTEMENT DU BINOME D’ATTAQUE :



Il est nécessaire que le binôme s’engageant et notamment le porte-lance sache faire la part des choses entre réflexion et action. L’observation rapide de son environnement pouvant se faire concomitamment à l’établissement de moyen « en eau », va lui permettre d’agir d’abord pour sa sécurité puis pour l’attaque.



Face à un risque de Backdraft le binôme rend compte à l’autorité qui va prendre des mesures en conséquence (exutoire, sortant, trouées, lance Cobra, etc.). Si la mesure prise permet de supprimer le risque d’accident le binôme appréciera la situation avant d’entrer (s’il faut rentrer !).
Si le risque persiste et qu’il faut rentrer, le porte-lance refroidira le local par « pulsing » à chaque légère ouverture de porte. Et cela jusqu’à changement de la situation thermique.
Face aux signes d’une forte chaleur ou de violents changements thermiques le porte-lance refroidira aussi le local par pulsing.



Durant sa progression le porte-lance pulsera tous les 2 mètres environ pour laisser des particules d’eau en suspension au dessus de lui dans le cas ou la chaleur du local est devenue tolérable.
Si les tentatives de refroidissement sont inefficaces, alors le binôme se replira, tout en pulsant, dans un endroit ou la chaleur est supportable (généralement quelques mètres de retrait suffisent).


A partir du moment où la chaleur est jugée trop forte (binôme obligé de se baisser plus) le binôme stoppera sa progression ou se repliera légèrement et refroidira l’atmosphère en pulsant jusqu’à ce que la progression soit possible dans des conditions correctes.


La progression se fera à « 4 pattes » par avancées successives de 2 mètres environ en longeant les murs, si possible en dehors de l’axe ouvrant/sortant.



La position stabilisée du binôme dans un environnement enfumé est à genoux pour permettre une éventuelle position à « plat ventre ».


En cas de repli impossible, le binôme s’allongera face au sol, lance au dessus des casques, jet diffusé de protection, pleine puissance, plein débit.


Et si les personnels ont connaissance de détails pouvant améliorer leur comportement au feu, libre à eux d’en faire le choix dans le cadre ou toutes les règles de base sont observées.


COMPORTEMENT DES DEUX ENTITES FORMANT LE BINOME :


La notion de binôme est indispensable dans le métier de sapeur-pompier. Elle est l’une des valeurs sûres permettant d’assurer un travail fort et sécurisé sur intervention. Ici nous parlerons de cette notion dans le cadre de l’attaque d’un feu de contenant. Les informations de ce texte seront en grande partie applicables aux autres cas où le binôme intervient.



L’accompagnant (appelé le servant à la BSPP) jouera un rôle clé dans la sécurisation du binôme lors de chacune des ses actions. Il sera avant tout le deuxième regard sur le sinistre. Il aura la prise de recul nécessaire afin de déterminer :



- L’efficacité de l’action du porte-lance
- Les prises de risques utiles et inutiles
- Les accès et cheminements non-observés
- L’hostilité de l’atmosphère
- Divers détails qu’il jugera important




Le porte-lance, lui, durant sa progression prendra en compte régulièrement l’avis du son accompagnant. Il s’arrêtera automatiquement de progresser si celui-ci manifeste une quelconque difficulté.


L’action de l’accompagnant sur le tuyau de la « ligne d’attaque » de son porte-lance visera constamment à faciliter la manipulation de sa LDMR (ou LDV). Il placera le tuyau en bas du niveau de la lance quand le porte-lance voudra exécuter une action en partie haute et lèvera la ligne afin que la manipulation de la lance se face en partie basse. L’accompagnant bloquera les mouvements de va et vient de la ligne durant les impulsions, quelles qu’elles soient, afin que le porte-lance n’aie que peu de répercussions. Une des grandes difficultés du servant (accompagnant) sera de faire avancer ou reculer la ligne selon les déplacements et les demandes du porte-lance. Inutile de faire rentrer la totalité de la longueur du tuyau avant la pénétration complète du binôme. La traction du tuyau se fera progressivement, judicieusement et parcimonieusement.


Dans le cas où le tuyau se coince loin du binôme, l’accompagnant évitera au maximum de s’éloigner de son binôme pour débloquer celui-ci dans la mesure où un personnel à l’extérieur se charge de cette tâche. Si la situation ne s’arrange pas alors le servant préviendra son binôme de ses actions avant d’aller décoincer sa ligne. Le porte-lance lui gardera toute latitude de se replier avec son binôme ou non.


Les deux personnels du binôme se placeront dans la mesure du possible en quinconce afin de facilité leur communication.


Le porte-lance n’hésitera pas à expliquer les actions qu’il estime nécessaire à son servant.


ACTION DE LA LANCE :



En claire pour éteindre correctement un feu quelles que soient les conditions, l’action de la lance sera déterminante.


L’action adoptée dans le cadre d’une extinction sans présence de porte sera celle d’un réglage au débit maximum de la lance et du « Pulsing-pensiling » : 3 ouvertures/fermetures complètes de la lance (moins d’une seconde),débit 100/150 L/min jet diffusé d’attaque, cône réglé en fonction de la configuration des locaux, en partie haute devant soit à l’intervalle de 5 secondes environs, puis 3 dépôts de paquets d’eau, jet droit, ouverture partielle/fermeture de la lance (moins d’une seconde) parcimonieusement répartit sur la base du foyer. Il est important que ces trois derniers dépôts soient constitués de grosses gouttes à faible vitesse de projection. Ainsi de par ces actions (3 en haut, 3 en bas) séparées par des intervalles de 5 secondes, le porte-lance peut contrôler les gaz chauds en partie haute (ainsi que leur inflammabilité) et l’intensité du foyer en partie basse.



Le porte-lance ne doit pas hésiter à augmenter ou diminuer la durée des intervalles des pauses en fonction de la vapeur dégagée. Lorsque le foyer à baisser de façon significative la lance sera réglée sur un débit permettant de déposer de grosse gouttes sur le foyer de manière très douce, sans action violente afin d’éviter les risques de brûlures et de volatilisation de particules en ignition.


L’action de la lance dans le cadre d’une extinction avec la présence d’une porte comme écran, sera la suivante : plusieurs ouvertures fermetures de lance, jet diffusé d’attaque adapté, débit réglé entre 100 et 150 L/min, pouvant être prolongé un peu plus qu’une seconde en refermant la porte à chaque série durant une dizaine de secondes environ afin de laisser agir la quantité d’eau injectée.



Dans le cadre de la présence de signe d’atmosphère dangereuse, ou d’accident thermique l’action sera le pulsing sans progression. Plusieurs ouvertures/fermetures complètes débit réglé à 100/150 L/min, jet diffusé d’attaque, durée d’ouverture de moins d’une seconde (afin d’éviter de perturber l’atmosphère thermique) jusqu’à ce que la progression devienne ou redevienne possible. Durant son refroidissement chaque élément pourra être utilisé comme écran (porte, mur, meuble, etc.).



Le débit sera réglé entre 100 et 150 L/min afin de limiter au maximum le retombée de l’eau et aussi afin que la vapeur produite ne vienne brûler le binôme. Un débit maximum pourra être utilisé dans le cas d’attaque par l’extérieur et où les dégâts des eaux ne sont pas la priorité (feu d’entrepôt, maison totalement embrasée, etc.)


Des paquets d’eau peuvent être déposés sur les éléments « pyrolisant » ou en ignition.



Dans d’autre cas comme lors d’une attaque par l’extérieur ou d’une coupure de propagation, le jet de la lance ne sera jamais directement dirigé dans une fenêtre, un sortant ou encore un exutoire alors qu’une équipe est engagée à l’intérieur du local car l’action de celui-ci pourra être mortel pour le binôme engagé.


Dans tous les cas il faudra absolument faire la différence entre les cas où les flammes sont visibles ou non. Flammes non-visibles + progression / refroidissement, flammes visibles = extinction.


TECHNIQUE DU PULSING :



DIFFERENTS CAS
DEBITS
REPETITIONS
DUREE
Progression
100/150 L/min
Une tout les 2 mètres
Moins d’une seconde
Refroidissement
100/150 L/min
Jusqu’à progression possible dans des conditions acceptables
Moins d’une seconde
Extinction
100/150 L/min
Jusqu’à extinction
Moins d’une seconde


SENSATIONS DU BINOME :



Dans la globalité il faudra que le binôme trouve un juste milieu entre les règles de sécurité et ses sensations. Les questions devant réguler l’action d’un personnel seront les suivants :



- Mes sensations sont elles bonnes ?
- Les règles de bases sont elles bien respectées ?
- Les sensations de mon binôme sont elles bonnes ?
- Comment puis-je optimiser mes actions ?


La progression du binôme dépendra de l’un et de l’autre. Ceux-là devront rester continuellement en communication. Pour « ressentir » leur environnement ils devront prendre le temps d’observer continuellement la situation afin d’y dénoter les signes pouvant faire changer leur manière de progresser (ex : après le ressentit d’une forte chaleur et la vision d’éléments plastiques environnant en train de fondre, le porte-lance refroidira l’atmosphère).


L’effort sur intervention se produira de manière mesurée afin de permettre aux intervenants de rester en possession de ressources physique en cas de « coup dur »… La notion de brûlure lors de la progression est à proscrire ! Inutile de sortir le corps ravagé par les brûlures ou les blessures pour avoir fait correctement sont travail.



SAUVETAGES :



La présence d’une victime à extraire d’un local sinistré motivera le binôme qui va s’engager lors de sa progression. Cependant en aucun cas cette motivation ne viendra engager de manière démesurée l’intégrité physique des intervenants.


En clair les seuls cas où le binôme s’occupera de l’environnement avant le sauvetage seront :



- La présence de risque d’accident thermique.
- La présence d’un danger mettant en cause l’intégrité physique des personnels (chaleur empêchant la progression sans brûlures, arc électriques etc.)


En effet, dans les cas suivant le binôme pensera en premier lieu à résoudre le problème d’engagement : refroidissement, barrages des fluides (ex : électricité), etc. Car si il est impossible pour un binôme équiper de pénétrer c’est que l’état de la victime présente à l’intérieur est probablement irrattrapable…


Dans le cadre où le sauvetage est accessible et surtout visible (ou avec une localisation proche et certaine), l’accompagnant (servant) se détachera du porte-lance afin d’aller extraire la victime. Le porte-lance, lui, restera à la vue du personnel engagé dans le cas d’un éventuel accident (personnel prenant feu, victime impossible à extraire, etc.). Le porte-lance sera alors « les yeux » du personnel chargé d’extraire la victime et l’avisera en cas de situation dégénérant.



En aucun cas il aura action de lance alors qu’un personnel est engagé pour un sauvetage. La victime extraite, le porte-lance refermera la porte et aidera son binôme pour amener la victime en lieu sûr.



Dans tous les cas la victime sera extraite le plus soigneusement possible. Puis les intervenants se réengageront ultérieurement.



3 – CONDUITES A TENIR


Bon nombre de cas différents se présente face à un binôme entrant. Nous verrons ici les cas les plus communs. Dans d’autres situations plus « complexes » il faudra s’adapter en respectant les règles de base. Les informations importantes qui régulerons le cours de l’intervention seront surlignées en rouge.


Différents cas de conduites à tenir classées par priorités :



- Face à un local sinistré : avec présence de risque d’accident thermique ou d’atmosphère dangereuse.


· Observer.
· Lutter contre le risque d’accident (refroidir, barrer les fluides, se protéger, utiliser la porte s’il y en a une).
· Observer à l’intérieur du local.
· Pénétrer si nécessaire.
· Procéder à l’extinction (en utilisant la porte s’il y en a une).
· Ventiler.


- Face à un local sinistré : avec notion de sauvetage, sans présence de risque d’accident thermique ou d’atmosphère dangereuse.


· Observer.
· Passer la porte s’il y en a une.
· Observer à l’intérieur du local.
· Réaliser le sauvetage en refermant la porte derrière.
· Observer de nouveau.
· Passer la porte de nouveau.
· Pénétrer si nécessaire.
· Procéder à l’extinction (en utilisant la porte s’il y en a une).
· Ventiler.


- Face à un local sinistré : sans flammes visibles


· Observer.
· Passer la porte s’il y en a une.
· Observer à l’intérieur du local.
· Pénétrer si nécessaire.
· Procéder à l’extinction (en utilisant la porte s’il y en a une).
· Ventiler.


- Face à un local sinistré : flammes visibles sans notion d’atmosphère dangereuse (ex : bouteilles de gaz).


· Observer.
· Procéder à l’extinction (en utilisant la porte s’il y en a une).
· Ventiler.




4 - CONCLUSIONS




Dans la globalité ces écrits n’ont rien d’un règlement rigide et incontournable. Ce sont simplement l’aboutissement d’une réflexion de cinq années d’expérience au feu et en formation « posé sur papier ».


Dans toutes les rubriques rien n’est figé. Les conduites à tenir présentées avertisses le lecteur qui s’engagera sur feu que certaine action sont à proscrire et de plus qu’il sera préférable pour lui de se comporter en technicien du feu. Intervenir rapidement, efficacement et de manière sécurisée fera partit de se « personnalité professionnelle ».






Christophe Benfeghoul – 24 Cie – CS Villemomble (BSPP) – 4ème Cie – Pompe France (CBS)

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