Pompier de profession depuis 6 ans, Je reviens d'un voyage au Chili où j'ai exercé comme "Bombero de Santiago," durant une année.

Voici mes RETEX ou retours d'expériences...

mercredi 3 mars 2010

Tremblement de terre + feu de quartier industriel (trois usines chimiques, cinq entrepôts)


Toute la garde nocturne était sur le point de s’endormir aux alentours de 3h30 du matin (oui, c’est tard), lorsque nous avons été surpris par de violentes secousses sismiques.

Avez-vous déjà marché dans un wagon de train d’ancien model ? Avez-vous eu du mal à tenir debout ? C’est exactement l’effet que l’on à ressenti (notamment en descendant les escaliers du CS). Il est impressionnant de se sentir tant impuissant devant le balancement visible de tous les immeubles d’une ville. On attend que les éléments tombent… Puis ils tombent. Notre CS paraissait tenir le choc, mais la ville entière criait…

 Les secousses ont duré environ une à deux minutes.


Cinq minutes après l’arrêt de celles-ci nous sommes partis pour une personne ensevelie. A notre arrivée, elle était déjà morte.

A peine de retour au centre de secours (et après une révision totale de celui-ci) nous sommes partis pour un feu sur un autre secteur avec le H-4. Durant notre chemin sur l’autoroute, nous avons pu observer une dizaine d’autres gros incendies qui bordaient celle-ci, du genre : « ah tient un feu d’entrepôt ! Ah non ! Ce n’est pas le notre », tous les kilomètres.

Après 20 minutes de trajet, on pouvait observer des flammes géantes s’élever, visibles à dix kilomètres. La fumée était si noire que l’on pouvait la démarquer dans le ciel de nuit. A l’arrivée, ce sont trois usines chimiques embrasées, qui ont par la suite emporté six entrepôts. Le sinistre était indéfinissable ; il n’était possible de voir les limites du feu qu’en tournant franchement la tête de part et d’autre !

Nous avons armé deux lances (une lance canon de 70mm et une lance canon moniteur) qui ne débitaient que peu d’eau étant donné que le réseau d’eau du secteur était très faible. Après avoir chatouillé cette torchère géante de plusieurs dizaines de mètres de haut, d’autres moyens plus puissants nous ont remplacés. C’est la première fois que je quitte les lieux d’un sinistre sans « finaliser » celui-ci et que je me sens d’une incroyable inutilité !

Depuis ce jour, nous sommes d’astreinte permanente (de « acuartelamiento »).

Pour le bilan je vous suggère de suivre l’actualité des médias…
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